A la fin du mois de septembre, je devais subir une cure d'antibiotiques par intra veineuses (perfusions). Or, j'avais un affreux souvenir de ma première cure, qui était plus que douloureuse.
C'est pourquoi, on m'a proposé de faire poser un cathéter sous la peau. On m'avait promis que ce n'était pas douloureux, car c'était posé dans une plus grosse veine. De plus, il reste en place 1o ans environ.
Instinctivement, j'ai refusé. Je voulais donner une deuxième chance à mes veines, j'étais persuadée que ça pourrait mieux se passer cette fois ci.
On a donc commencé la cure le 3o septembre au soir, mais j'ai décidé de la stopper à peine 24 heures après.
Ce n'était plus supportable.
C'est donc, à contre coeur, que j'ai annoncer que je voulais poser ce cathéter, que je ne sentais pas bien.
Le o4 octobre je suis rentrée a l'hôpital, et je me suis fais opéré le lendemain, aux premières heures.
Les jours qui suivaient n'étaient pas agréables, mais je ne peux pas dire que c'était douloureux, sachant que j'ai vécu pas mal de choses pire que ça.
Cependant, c'est avec peine que j'ai reussi a obtenir un bon de sortie définitive, étant donné que je faisais des malaises lorsque je me levais de mon lit. Une fois à la maison, la cure continuais.
C'était le rêve, je ne souffrais plus. J'allais même au lycée avec mon petit ballon*.
Treize jours après, je revivais encore plus: c'était la fin de la cure, et la bactérie est battue!
Mais ça ne pouvait pas durer, c'était trop beau.
Environ quinze jours après la fin de la cure, le 3o octobre je fais un malaise sous la douche. J'ai eu de la chance de ne pas tomber. De la chance, encore une fois..
C'est une horrible douleur qui me prend, un "point" au niveau des poumons. J'ai l'impression que ce "point" explose et se diffuse dans mes poumons. Pour couronner le tout, des nausées s'installent et décident de rester. Je peine à sortir de la douche, j'ai peur de tomber.
Je sors, et m'asseois. Ca va de mieux en mieux, et j'ai l'impression que tout disparait.
Une heure après je suis au cinéma avec Maman.
Je sais aujourd'hui que j'y ai risqué ma vie..
Le lendemain, jour d'Halloween, je me fais peur moi-même: à mon réveil, je vois mon visage et mon cou qui ont doublés de volume. Mais que dis-je ?
On ne voyait plus mon cou.
De plus, je peinais a respirer. Je sentais une oppression dans mes poumons.
Sans perdre de temps, on part chez le médecin, qui ne décèle rien d'anormal, mais préfère nous envoyer faire une prise de sang, dans laquelle on ne trouva rien.
C'est qu'en fin de journée qu'on alla chez l'Orl. Attendre toute une journée, pour entendre dire "Je ne trouve rien de techniquement anormal, mais je préfère vous envoyer aux urgences. J'ai peur d'une insuffisance rénale aigüe".
Ces grand mots me font peur, et c'est avec de chaudes larmes qu'on quitte le chien et qu'on part pour l'hôpital.
A mon arrivé, j'ai eu une prise de sang, d'urine, une radio du thorax, dans lesquels on ne trouva rien.
La panique commence sérieusemement à s'installer. Il y a quelque chose, on le voit mais on ne trouve pas quoi.
Les médecins de garde décident de me garder cette nuit.
Le lendemain, ce fameux 1er novembre, je passe de nombreux examens (radios, scanners.. ) mais on ne trouve toujours rien. C'est seulement le o2 novembre, après avoir passé la nuit chez moi, qu'on détermina le problème: le cathéter, posé début du mois dernier, s'est complètement bouché et dans la veine, un important caillot de sang s'est formé. Par ailleurs, des petites parties de ce caillot se sont détachées et sont parties dans les poumons: j'ai fais des embolies pulmonaires.
On m'avait pourtant dis qu'un tel cathéter ne se bouchait que rarement, et dans les cas contraires, c'est au bout de quelques années, si aucun soin préventif n'a été apporté.
J'ai la haine, j'ai envie de hurler que je les déteste tous, je pleure, je cris, j'en ai marre, j'ai envie de rentrer.
Mon chien commence à me manquer.
A partir de cette affreuse annonce, plus le droit de bouger. Tout le monde s'affole.
Si le caillot se détache, il part au coeur, et là, c'en est fini pour moi.
Mais, jusque là, j'aurais pû devenir un ange qui veille sur vous, au moins 10 000 fois!
On m'envoie en Réa, pour qu'on puisse mieux me surveiller. J'y suis transférée en lit.
Là-bas, on me fais deux piqures espacées de 2heures, pour tenter de dissoudre le caillot principal, et le cathéter. Ca a plus ou moins marché, en tout cas on a du reflux (un retour de sang). On s'occupe vraiment bien de moi.
Trois jours après, je remonte au service des grands enfants, où je vais continuer à être suivie, et où je vais devoir subir de nombreuses choses. J'étais si impatiente de pouvoir retourner là haut.... je suis dégoutée. C'est encore pire. Mais tant pis, il faut que je passe par là avant de retourner chez moi.
Au début je devais avoir deux prises de sang par jour pour pouvoirs régler le dosage des médicaments que je prends. A chaque fois, je pleurais, je criais... c'était l'horreur, car mes veines sont si fines et profondes, que c'était la galère à chaque tentative.
J'avais des bleus partout, et je ne pouvais toujours pas me lever. Je m'ennuyais, je tournais en rond dans mon lit entre deux visites (de médecins ou personnelles).
Toujours est-il que les douleurs thoraciques avaient disparues, et que mon visage commençait à désenfler.
Ce n'est que 13 jours après que je puis rentrer chez moi.
Rien qu'a l'idée d'aller dehors, je sautais de joie.
Aujourd'hui, je suis chez moi mais je rêve d'aller au lycée. Mes camarades me manquent, je voudrais les retrouver et rire avec eux.
Même si le caillot principal, les petits bouts dans les poumons, et le cathéter sont débouchés, les médecins préfèrent que je me repose et que je ne fasse pas trop d'efforts physiques.
J'ai cependant, une certaine haine contre les médecins. Je ne sais pas si j'arriverais encore à leurs faire confiance, puisqu'ils n'écoutent pas ce que je ressens.
Je retourne à l'hôpital le 27 novembre, en vue d'être ré-opérée le 28 pour une dépose du cathé, comme ils disent. Les médecins le trouvent trop dangereux, et veulent le retirer.
D'ici là, je suis suivie de près par ma pneumologue et j'ai une prise de sang par semaine. J'ai aussi deux piqûres par jour, à raison de 12 heures d'espace entre celles ci.
Par ailleurs, mon moral n'est pas au plus haut. Je commence vraiment à réaliser ce qui m'est arrivé, et la chance que j'ai eu.
* l'infirmière venait chaque soir pour me remplir mon petit ballon, qui me diffusait des antibiotiques sans arrêt pendant 24heures. << Je vous avais dis que je ne le sentais pas >>Ps: Cher Clément, tu m'enlèves les mots de la bouche: je comptais faire un article aujourd'hui!